dimanche 18 novembre 2018

3 conseils pour échapper au burn-out

Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés

Par ce titre très évocateur, Marie Pezé, une des pionnières du soutien aux victimes de burn-out, raconte le quotidien de la consultation Souffrance et Travail qu'elle a ouvert dès 1997 à Nanterre. Ironie cruelle, la psychologue experte sera elle-même victime du burn-out comme elle le raconte dans son livre. Alors, est-ce une fatalité ? Sommes-nous tous condamnés à subir à plus ou moins long terme un burn-out ? Je te propose quelques clés pour mieux comprendre cette maladie qui nous concerne tous. 

Ca n'arrive pas qu'aux autres ! 

Le burn-out, c'est le corps qui se bloque. Après avoir été longtemps maltraité, il refuse de fonctionner. Ce moment se présente généralement comme une surprise pour la victime. Ce défaut de fonctionnement majeur oblige l’esprit à prendre conscience d’une situation qu’il refoulait. Et alors, on se rappelle les nombreuses alertes dont on n'a pas tenu compte:
Le burn-out, ça n'arrive pas qu'aux autres !
  • Problèmes de sommeil
  • Douleurs physiques symptomatiques
  • Pertes de capacité mentales 
  • Ruminations
La surprise est en général complète aussi pour l'entourage. Car s'il s'est inquiété de certains symptômes, tu as tout fait pour le rassurer. Et s'il a insisté, tu t'es fâché et tu as pris de la distance. Car tu te penses fort. Et les autres le pensent aussi. 

Mais c'est le piège, ta volonté se cristallise pour réussir coûte que coûte. Et tu penses que tu n'as pas le choix.  

Lecteur, tu es particulièrement exposé !

Crois-le bien, j'en suis le premier désolé. Et c'est pour ça que j'ai préféré t'avertir. Que tu sois startuper ou intrapreneur, que tu sois en charge de l'innovation dans ton groupe ou tout simplement en recherche de nouvelles manières de voir les choses, tu es un sujet à risque parce que: 
  • Tu es très investi, tu crois en ce que tu fais, tu sais que les autres comptent sur toi, tu recherches sans doute aussi de la reconnaissance dans le travail.
  • Tu es différent et ça se remarque. Ton manager, des responsables hiérarchiques ou fonctionnels ou même des collègues ont sans doute détecté ce besoin de reconnaissance et ils ont peut-être décidé d'en tirer parti.
  • Tu penses que tu n'as pas le choix que de bien faire tout ce qui t'est demandé. Attention, si tu es une femme, tu es probablement encore plus exposée de par tes "obligations" familiales. 

Conseil 1: toujours conserver plusieurs options 

Tu l'as peut-être noté en lisant "Antifragile - 3 conseils pour résister face à l'adversité", la sélection rend fragile. Ca ne veut pas dire qu'il ne faut pas décider, mais ça veut dire que tu dois toujours avoir en tête des solutions alternatives: 
Echapper au burn out en conservant plusieurs options
Pour parler de manière imagée, évite de faire tapis à chaque tour ! Et je préfères utiliser la métaphore du poker à celle de la roulette russe dans le cadre de cet article déjà chargé d'émotion.

Conseil 2: écouter les signaux faibles

Ton corps te parle. Tes proches sont là pour t'aider. Je sais, ce conseil n'est pas du tout facile à mettre en oeuvre car tu es très investi, mais c'est essentiel. Dans Je suis super content, j'ai échoué !, j'ai décrit ce que le philosophe Charles Pépin appelle la vertu de disponibilité. Lors du burn-out, tu es forcé par ton corps à cette disponibilité, mais tu peux aussi cultiver dès aujourd'hui cette attention aux détails discordants. Et ainsi anticiper le pire. 

Car tu dois savoir que le burn-out peut être très grave. Sans aller jusqu'au suicide (entre 10 et 30 reconnus comme accident du travail chaque année), 600 cas ont été reconnus comme maladie professionnelle soit 7 fois plus qu'il y a 5 ans. Et qui dit maladie professionnelle dit 25% d'incapacité permanente !! Si tu doutes encore des dégâts que ça peut engendrer, regarde le reportage de France 5 : la mécanique burn out

Bon, comme c'est vraiment un conseil très dur à suivre, je te propose plus simplement de faire un test.  Ca te donnera instamment ton niveau de risque. 

Conseil 3: ralentir et faire des pauses

La vie moderne est très exigeante. Elle ne te donne aucun répit. Les outils numériques induisent un dépendance. 3/4 des cadres consultent leurs mails en vacances et je suis sûr que tu le fais aussi.

L'être humain peut facilement résister à un niveau élevé de stress. Mais ce qui l'épuise, c'est de ne pas récupérer. De ne pas faire de pauses. Alors même que ce sont les pauses qui vont te permettre de trier plus ou moins consciemment les idées, les émotions et les sensations. Alors voici quelques trucs tout bête:
Eviter le burn out en ralentissant et en faisant des pauses
  • Marche sans presser le pas
  • Fait des micro-siestes. Si ton entreprise n'a pas de salle dédiée, regarde l'offre de Nap&Up
  • Essaie de consulter ton smart phone un peu moins que 100 fois par jour
  • Assure-toi de te garder du temps entre tes réunions
L'idée n'est pas d'en faire moins, mais d'alterner des périodes intenses et des vrais moments de récupération. 

Voilà, c'est le moment de conclure pour moi. Je ne pourrais bien sûr pas prévenir tous les cas, mais si mon expérience peut en éviter quelques uns, c'est déjà beaucoup. Et puis rappelle-toi qu'un regard extérieur peut vraiment aider. 

Tu peux aussi me contacter: 

Et tu peux découvrir le burn out en BD: quand le travail tue

dimanche 11 novembre 2018

La scalabilité sans la fragilité, c'est possible ?

Comment gagner de l'argent sur internet ? Pourquoi faut-il créer son business sur internet ? Qu'est-ce qu'un business scalable ? 

Ces questions, récurrentes sur la plateforme Quora, montre l'intérêt pour l'argent facile et l'exigence d'immédiateté que l'on retrouve dans les émissions de télé-réalité. Mais elles témoignent aussi d'un phénomène plus profond et très important tant pour les entreprises que pour les startups: la "scalabilité".

Scalabilité, la capacité à monter en charge sans impact sur l'organisation
La scalabilité ou capacité à monter en charge, c'est la possibilité de croitre rapidement avec un impact minime sur l'organisation et donc sur les coûts. Et c'est bien sûr internet qui se prête le mieux à un business scalable, a fortiori s'il s'agit d'un bien ou d'un service dématérialisé .

Toi qui travaille en startup, tu es naturellement familier du concept car c'est la grille de lecture des investisseurs. Ils vont même plus loin en ne regardant que le revenu récurrent, privilégiant ainsi le modèle de l'abonnement (portnawak as a service).

Dans les grands groupes, on a moins l'habitude de la croissance à deux ou trois chiffres. Mais c'est justement en analysant les freins à la croissance de mon programme d'accompagnement de startup que j'ai pu atteindre l'hypercroissance dans un grand groupe: comment faire x10 en un an.

La scalabilité et la logique de plateforme

La scalabilité, ça revient finalement à pouvoir augmenter son flux financier sans impacter les investissements déjà effectués. Ce qui amène naturellement à une logique de plateforme. 

La longue traine selon Abime Concept (SEO)
Amazon est l'exemple le plus frappant. Après avoir développé une infrastructure pour vendre des livres, ils ont cherché à la rentabiliser en élargissant leur offre à d'autres gammes de produits puis en proposant à d'autres vendeurs d'utiliser leur plateforme. Ce qui permet à Amazon de proposer plus de 200 millions de références contre maximum 10 000 dans un très gros Carrefour, soit un rapport de 1 à … 2 000 !

L'astuce, c'est que l'augmentation du nombre de références n'a pas d'impact sur le stock d'Amazon car  le stockage et la livraison est de la responsabilité des vendeurs tiers. Et si le vendeur souhaite qu'Amazon s'en occupe, alors il doit payer une redevance, soit un chiffre d'affaire additionnel pour Amazon ! 

Ce qu’il faut savoir, c’est que les plateformes bénéficient des principes de la longue traine (ou “long tail”). Popularisée par Chris Anderson dans le livre éponyme, la longue traine signifie que lorsqu’on classe les produits en nombre de ventes, et bien Amazon vend un nombre très important de produits en petite quantité.

Rendre son business scalable sans augmenter la fragilité

Dans le numérique, les utilisateurs sont logiquement moins fidèles donc tu peux très vite passer de la croissance à la décroissance. Sans que ce soit dramatique pour le moment, on voit bien que Twitter ou SnapChat sont à la peine. Si tu mises avant tout sur la nécessité de passer à l'échelle, tu risques également de faire des hypothèses non réalistes sur son marché.

Intégrer de la diversité dans ton offre de valeur pour scaler sans fragilité
Et on se trouve assez vite dans une course à la croissance sans considération pour la rentabilité, ce qui est évidemment une autre source de fragilité notamment pour ces startups qui dépendent plus des financements que des clients (tu peux lire notamment La chute de Take Eat Easy, une mauvaise nouvelle pour la bulle internet?).

En relisant Antifragile: 3 conseils pour résister à l'adversité, tu te souviendras que la sélection rend fragile. Mais parfois, il faut faire des choix pour rendre son business scalable. Il n'y a pas de recette miracle, mais ma suggestion, c'est d'intégrer de la diversité dans ta proposition de valeur. Par exemple, dans le programme d'accompagnement de startup cité plus haut, j'ai agrégé des motivations extrêmement diverses dans un cadre souple. C'est pour ça que le concept de plateforme est tellement puissant.

Si te souhaite rendre ta startup, ton projet intrapreneurial ou ton programme d'innovation scalable, n'hésite pas à me contacter: 

dimanche 4 novembre 2018

Antifragile: 3 conseils pour résister à l'adversité


Quand la réalité résiste, il faut savoir s'adapter

Eté 2015: quatre associés créent Ouiteam, une société pour trouver facilement des extra dans l'hôtellerie et la restauration. Rétrospectivement, c'est un très mauvais timing car les attentats de Novembre 2015 feront chuter le chiffre d'affaire de la restauration de près de 20% !

Sans doute un exemple du fameux Cygne Noir que j'ai décrit dans On ne pouvait pas savoir !

Printemps 2018: Ouiteam devient Andjaro et lève 5 millions d'euros pour financer son développement  à l'international.
Evidemment, pour en arriver là, Andjaro (ex-Ouiteam) a dû se réinventer et changer de marché. C'est à dire pivoter.

Quand la réalité résiste, il faut savoir s'adapter et pivoter
Magush, eux, n'ont pas aussi bien réussi. Pensant profiter de la dynamique RGPD, ils ont créé DataRespect, des outils qui limitent l'emploi abusif de données client. Mais cette solution n'a pas trouvé son marché. Courageusement, le fondateur témoigne ici de son histoire et annonce un possible rebond avec le projet Prisme.

Certes, comme je l'ai écrit dans Je suis super content, j'ai échoué !, il existe des vertus à l'échec. Mais si on pouvait s'éviter cette expérience désagréable, ça serait quand même mieux, tu ne trouves pas ?

La solution pour éviter l'échec (autant que possible): être antifragile !

Antifragile: qui bénéficie de la perturbation
Image: Bilgrin Ibryam 
Anti-quoi ? Antifragile ! C'est le contraire de fragile. Pas solide ou robuste, non, un dispositif antifragile, c'est quand les perturbations renforcent le système au lieu de l'affaiblir. Et tu auras peut-être reconnu le titre de l'essai éponyme de Nassim Nicholas Taleb, l'auteur du Cygne Noir.

Evidemment Nassim n'a rien inventé : la sagesse populaire connait cette notion depuis bien longtemps :
  • Ne pas mettre tous ces oeufs dans le même panier
  • Avoir plusieurs fers au feu
  • Ou même Pile je gagne, face tu perds (antifragile à tes dépends)
Et pour t'aider, toi aussi, à ce que ton projet soit antifragile dans ta startup, comme intrapreneur ou dans tes responsabilités dans un grand groupe, je vais illustrer ces principes avec quelques exemples tirés de mon expérience.

La sélection sur critère rend fragile

Andjaro (ex-Ouiteam) est un cas remarquable car c'est une startup qui a d'abord fait partie du programme d'accompagnement de startup #WeLoveStartups que j'ai décrit dans L'hyper croissance dans un grand groupe: comment faire x10 en un an.

Ensuite, elle a fait partie des 6 startups sélectionnées dans le Oracle Startup Cloud Accelerator. Une sélection exigeante avec de nombreux critères, quatre étapes de filtrage et au final moins de 5% dossiers retenus.
Seulement, il y a un hic. C'est qu'ils ont levé des fonds auprès de SAP. Pas vraiment ce qu'Oracle attendait. La sélection rationnelle a finalement rendu le programme plus fragile.

La sélection sur critère rend fragile, contrairement à l'approche "portfolio"
Ce principe s'applique aussi aux programmes d'intrapreneuriat. En général, on commence par un large appel à candidature et ensuite on procède à un filtrage. Donc on applique des critères. Et on élimine des projets qui aurait pu devenir très intéressants.

Alors que l'inverse est possible et beaucoup plus intéressant. Il suffit de laisser les projets avancer à leur rythme (voir Innover dans un grand groupe, le test de l'effectuation). Ce qui veut dire avoir un modèle "scalable" (évolutif) où le coût marginal d'un projet supplémentaire est quasi nul. Soit l'inverse d'une concentration de moyens sur un faible nombre de projets jugés (par qui ?) prioritaires.

Ecouter seulement les promesses qui engagent

On dit souvent "Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent". Cette phrase attribuée à l'homme politique Henri Queuille (1884-1970) représente ce à quoi s'oppose Nassim Taleb. Il s'agit de la création d'une situation d'antifragilité (pour les politiques) aux dépens d'autres personnes (les administrés qui croient aux promesses).

Si tu souhaites t'engager dans l'intrapreneuriat, je t'ai déjà averti: c'est risqué. Ca ne veut pas dire qu'il ne faut pas y aller, mais plutôt qu'il faut repérer les personnes qui pourraient être antifragile à tes dépens et décrypter les discours qu'ils portent. Tu pourras ainsi repérer les promesses qui engagent vraiment ceux qui les profèrent.

Mon conseil, c'est aussi de te préparer à apprendre beaucoup de l'expérience. Tu vas ainsi développer de nouvelles compétences que tu garderas quelque soit la réussite de ton projet initial.

Moins, c'est plus

On débat souvent de l'intérêt d'écrire un business plan. C'est clair que le business plan de Ouiteam a largement perdu de son intérêt le 13 novembre 2015. C'est un exercice de style qui, malgré tout, garde son intérêt face à un investisseur ou à un banquier.

Mais le plus important, c'est qu'il ne doit pas réduire tes options. Et il ne doit pas non plus te ralentir dans le passage à l'action et l'interaction avec le marché. C'est tout le sens de la démarche Customer Development de Steve Blank.

Aller au contact de son marché pour fiabiliser son business model
La difficulté, c'est qu'on démarre un projet avec des hypothèses pas toujours explicitées. Et qu'on ne peut pas confirmer ces hypothèses, mais juste en infirmer certaines. Ca sera le rôle du Minimum Viable Product (MVP).

C'est le "minimum" qui va te permettre de t'ajuster aux demandes des premiers clients. Le MVP est antifragile. Le produit final sera plus fragile, c'est pour ça que tu dois éliminer certaines hypothèses infondées pour le rendre plus robuste.

Allez ! On essaie de changer

Le livre de Nassim Nicholas Taleb est très riche, je n'ai illustré que quelques principes. On peut aller beaucoup plus loin et je te laisse avec quelques pistes de réflexions :

  • Un manager qui choisit de ne pas agir
  • Un growth hacker qui ne sait pas pourquoi ça marche, mais ça marche ! 
  • Un directeur qui refuse des réunions pour avoir du temps et laisser son esprit "divaguer"
  • Un spécialiste qui supprime un process inutile
Si te souhaite rendre ta startup, ton projet intrapreneurial ou ton programme d'innovation moins fragile, n'hésite pas à me contacter: 
Et pour recevoir mes prochains billets directement dans ta boite mail, tu cliques ici.

Enfin, si tu veux en savoir plus sur le Customer Development, tu ne perdras pas de temps à suivre le Mooc "Learn how to build a startup" par Steve Blank sur Udacity.

dimanche 21 octobre 2018

Agile comme une startup et efficace comme un grand groupe !

Des grands groupes plus agiles ?

Chez SAP, c'est clair : pour innover, il faut accélérer des startup complémentaires avec ses offres, voire les racheter. Et pour les attirer, SAP a inauguré cette semaine sa Foundry dans le 9e arrondissement de Paris.

Pour accélérer les startups, SAP a inauguré cette semaine sa Foundry dans le 9e arrondissement de Paris
L'accélérateur SAP.iO Foundry Paris
Le 4 juin 2018, c'est Microsoft qui met la communauté des développeurs en émoi avec l'annonce du rachat de GitHub pour 7,5 milliard de dollars. Pas mal pour une licorne créée il y a 10 ans et qui, avec 800 salariés, génère 200 millions de $ d'ARR (Annual Recurring Revenue) ! Le rachat vient d'ailleurs d'être autorisé par Commission Européenne.

Cette recherche d'innovation concernent tous les secteurs. Et la grande tendance, c'est de mobiliser les employés au travers des programmes d'intrapreneuriat. La Société Générale, j'en ai parlé dans L'hypercroissance dans un grand groupe: comment faire x10 en un an, a lancé en 2018 l'Internal Startup Call: 600 projets déposés, 140 pitch, 70 startups retenues sont excubées dans 5 pays.

On recherche l'agilité, bien entendu, mais également la fameuse innovation de rupture, souvent insaisissable (L'innovation de rupture, la grande illusion).

Les grands groupes ont, malgré tout, une approche qui reste institutionnelle et se focalisent donc sur un lieu, des moyens, des process. Ils ont encore du mal à adopter une approche frugale, caractéristique de beaucoup de startups (voir la discussion sur les moyens dans Créer un accélérateur - quelques conseils pour démarrer). Alors même qu'ils y gagneraient beaucoup à créer des conditions favorables et ensuite laisser advenir l'innovation (Vive l'innovation libérée).

Passer de startup à scale up sans perdre son âme d'entrepreneur

Côté startup, l'objectif, c'est la croissance. Pour répondre à la promesse faite aux investisseurs ou pour contrer les concurrents qui avancent vite, très vite. Seulement, comment grandir sans perdre son âme ? Comment garder un esprit pionnier et flexible alors qu'on change en profondeur l'entreprise ?

Après la levée de fonds, il faut accélérer sans aller jusqu'au chavirageLa tâche n'est pas facile. Les fonds levés donnent de nouveaux moyens. Tu commences à rédiger des fiches de postes, à structurer la fonction RH. Les recrutements doivent être réalisés rapidement, mais il ne faut pas non plus se tromper, naturellement.

Ce qui pour de nombreux entrepreneurs veut dire aussi lâcher prise et tous ne sont pas prêts. Comme le dit avec humour Erwann Rozier de Fly the Nest "micro-manager nuit gravement à la santé".

Et pendant ce temps, le business accélère, le vent souffle dans les voiles, la machine s'emballe, il faut prendre garde au chavirage.

Alors tu installes du middle management pour gérer les nombreuses embauches. Et si par malheur toi, le CEO fondateur, tu ne tiens pas le rythme, on te remplace sur le champ. Et ça ne te consolera pas de savoir que c'est aussi arrivé à Steve Jobs !

Bref, on a besoin d'un management expérimenté, d'une entreprise qui fait sérieux, mais est-ce que ça n'est pas au détriment de l'innovation qui faisant la force initiale du projet ?

Startup et Grands Groupes: le meilleur des deux mondes ?

La solution existe, elle s'appelle le management ambidextre. D'accord, beaucoup en parle sans l'avoir vu. Et je ne parle pas des initiatives qui consistent à créer une entité dédié à l'approche startup (= un incubateur ou un accélérateur) ni de celles qui retirent temporairement à l'organisation quelques ressources pour travailler sur des approches innovantes (= l'intrapreneuriat).

Non, je parle bien de développer au sein même de l'organisation hiérarchique avec ses process et ses modes de décisions une approche plus souple et qui facilite le changement.

Dans son livre "Accélérez ! Oser l'agilité", John Kotter propose un modèle qui combine organisation hiérarchique et approche en réseau
Et c'est John Kotter, le spécialiste du changement justement qui nous éclaire sur comment allier l'agilité de la startup et l'efficacité du grand groupe. Dans son livre "Accélérez ! Oser l'agilité", il décrit un mode d'opération dual et comment le mettre en oeuvre en pratique.

Principes clés:
  • Tout le monde peut participer. 
  • Rien d'obligatoire, on laisse l'envie s'exprimer. D'ailleurs, si le réseau mobilise 5 à 10% des effectifs, c'est suffisant.
    • Le réseau est connecté à la hiérarchie par les personnes qui ont alors une double appartenance. 

Ça peut avoir l'air théorique, mais, en y regardant bien, c'est le modèle que j'ai mis en place et décrit dans: Innover dans un grand groupe, le test de l'effectuation.

Et toi, tu as déjà rencontré ce type d'organisation duale ? Tu souhaites le mettre en oeuvre ? 

Si tu souhaites aller plus loin, tu peux écouter John Kotter présenter sa démarche en 6 minutes.
Tu peux également consulter le slideshare de Maarten Cannaerts.

Comme les organisations sont toutes différentes avec leur histoire, leur culture et leur stratégie, ça peut valoir le coup d'en discuter. Dans ce cas, n'hésite pas à me contacter :

Et pour recevoir mes prochains billets directement dans ta boite mail, tu cliques ici

dimanche 14 octobre 2018

Vive le growth hacking ! Priorité à la croissance !

La French Tech prend un nouveau départ

Ca y est, Kat Borlongan, la nouvelle directrice de la Mission French Tech a reçu sa feuille de route, communiquée par Mounir Mahjoubi et même Emmanuel Macron. Il s'agit donc:
Emmanuel Macron et Kat Borlongan présentent la feuille de route de la French Tech à Station F
  • d'aider les startup à passer à l'échelle (Scale Up)
  • de promouvoir les startup responsables (Tech for Good)
  • de mieux intégrer les femmes et la mixité sociale
Je reviendrais sur les deux derniers objectifs plus tard, car aujourd'hui, je veux me concentrer sur la croissance des startups. 

En effet, dans mon enquête lecteur, vous étiez plus des deux tiers à demander un article sur le growth hacking.

Et c'est vrai qu'on entend tellement parler de levées de fonds que ça finit par être agaçant pour ceux qui progressent en auto-financement ("bootstrap") et qui se concentrent sur le plus important : trouver des clients.

Croissance ou Growth Hacking ? 

Mais qu'est-ce qui différencie le Growth Hacking d'une simple logique de croissance ? En allant sur Quora, on trouve de bonnes explications de ce qu'est le Growth Hacking. Je retiendrais deux points:
  • Rechercher des moyens originaux et détournés pour accélérer la croissance
  • Mesurer et ajuster dans une approche 100% pragmatique
Evidemment, je pars du principe que tu as déjà testé tes hypothèses et développé ton MVP (minimum viable product). Tu as également validé ton business model et il ne reste plus qu'à accélérer en trouvant un maximum de clients. 

Et même si je ne connais pas le détail de ton business, tu dois savoir que deux tiers du parcours de vente a généralement lieu en ligne. Donc, le growth hacking va consister à utiliser les réseaux sociaux pour faire connaitre ton produit à moindre coût. 

Et comme c'est en ligne, tu peux tout mesurer et donc tester et ajuster en permanence. 

Se faire sa place dans l'infobésité

Seulement, il y a un petit problème: sur les réseaux sociaux, tu n'es pas le seul. En fait, c'est même très encombré. On croule sous une avalanche d'informations, c'est l'infobésité. 

Growth Hacking: se faire une place dans l'infobésité
La clé, c'est donc de se différencier, de sortir du lot. Et ça passe nécessairement par du contenu original, utile et engageant. J'y reviendrais dans un futur post.
Pour ne pas rater mes futurs billets, inscris-toi en donnant ton mail. 
Mais le contenu ne fait pas tout. Il faut le promouvoir. En fait, je trouve souvent du contenu de qualité avec des statistiques de vues totalement désastreuses, un gros gâchis. Créer du contenu est chronophage, il faut donc s'assurer qu'il soit vu. Il y a plein de techniques, je te renvoie aux blogs spécialisés

Un exemple tiré de ma pratique: mon blog reçoit actuellement près de 400 visiteurs uniques mensuels  (merci à vous !!) en croissance de 85%. Le lundi 24 septembre, je publie "je suis super content, j'ai échoué". Le même jour, Philippe Silberzahn publie un article sur les dangers de célébrer l'échec. J'écris alors un commentaire sur son blog, il me répond. Résultat, 17 entrées sur mon blog depuis le sien sur le seul lundi. Soit près de 50% de visites en plus par ce simple hack.  

La priorité: convertir le trafic en client

N'oublions pas l'objectif: trouver des nouveaux clients. Donc le trafic, c'est bien. Ensuite, il faut créer de l'engagement : proposer un e-book, un webcast, un meeting (#IRL), ...

Inbound Marketing: transformer le trafic en client
Plusieurs contacts seront nécessaires afin de faire progresser le contact en lead qualifié par le marketing puis lead qualifié par les ventes et enfin prospect. 

Et comme la plupart des actions sont menées dans le digital, n'oublie pas de mesurer, de tester et d'ajuster. 

Tu peux aussi souhaiter échanger avec tes pairs. Dans ce cas, n'hésite pas à rejoindre la communauté francophone de l'inbound marketing créée par Sylvain Tillon, l'infatigable co-fondateur de Tilkee que j'ai eu la chance d'accompagner ces deux dernières années. 

Et l'éthique ?

On le sait, les premières années des startups ne sont pas simples. La croissance du chiffre d'affaire est une condition essentielle à leur survie. Et pour avancer, les startups doivent bousculer le statut quo. Et ce même si tu ne proposes pas une innovation de rupture

Guy Kawasaki: if you're not pissing someone off on social media, you're not using it aggressively enough
Comme le dit Guy Kawasaki avec la verve qu'on lui connait, poussez, poussez jusqu'à ce que ça résiste (je paraphrase, l'original est ci-contre). 

Sans toutefois franchir la ligne rouge. Je laisse chacun juge de ses propres actions, mais il faut éviter de considérer que tous les moyens sont bons. 

La fin ne justifie pas les moyens. 

A l'ère du digital, ménager son image personnelle sur les réseaux peut être plus important que l'atteinte de l'objectif du moment. 

Et maintenant ? 

Au-delà d'une stratégie inbound marketing, il existe de nombreuses solutions pour développer le business des startups. Certaines sont connues, d'autres moins, dans tous les cas, il faut les adapter au contexte. Alors n'hésite pas à me contacter pour en parler:


A relire: Lancer son blog - retour d'expérience en 5 astuces

dimanche 7 octobre 2018

L'hypercroissance dans un grand groupe: comment faire x10 en un an

Le process "m'a tuer !"

Le process, c'est lui le grand coupable. C'est lui qui t'empêche d'aller vite et qui détruit toute ta créativité. Et c'est lui qui fait capoter le deal gagnant / gagnant entre la startup et le grand groupe. 

Le process, un labyrinthe qui étouffe la créativité
Le process, un labyrinthe qui étouffe la créativité
Alors on s'invente des respirations: salle de détente, cours de yoga du rire entre midi et deux, concours de babyfoot, bref, vous voyez ce que je veux dire. 

Ou mieux, on forme à la créativité, on organise des learning expéditions pour s'inspirer de ce qui se fait de mieux, on mobilise les collaborateurs et l'écosystème dans des hackathons, des sprints, des missions, le temps de quelques jours. 

Parfois, l'entreprise met même de gros moyens et développe un esprit anti-process avec des programmes d'intrapreneuriat. Sais-tu, par exemple, que la Société Générale a investi 150 millions d'euros et qu'actuellement, ils ont 70 startups internes accélérées dans une dizaine d'incubateurs ?

Tout ça est très louable, attention, je ne critique pas ! Simplement, le process, lui, il t'attend patiemment. Et quand ça sera le moment, il te stoppera. Et là, tu seras certainement déçu. Mais j'y reviendrais dans un futur post...

Aujourd'hui, je voudrais te donner un retour d'expérience sur un programme de relation startup que j'ai créé et qui a fait x10 en un an. Oui, 900% de croissance. On est passé de 6 à 60 startups accompagnées. Ça parait dingue, mais ça s'explique.  

Spoiler: je n'ai pas respecté tous les process. Je souhaite partager mon expérience car tu peux faire pareil. Mais tu dois faire attention, car ton plus grand risque, toi qui souhaite malgré tout entreprendre dans un grand groupe, c'est d'être identifié comme un virus qui alors activera le système immunitaire. 

Avantage déloyal

Le contexte, c'est évidemment clé pour que tu saches si tu peux réutiliser ce que j'ai appris. Nous sommes donc en 2015 dans la filiale française d'un leader américain de l'informatique. 

Le différentiateur, une particularité à cultiver
Mais il faut aussi tenir compte d'éléments plus personnels. Et je dois dire que j'avais quelques acquis pour m'aider à réussir: 
  • J'avais travaillé sur la responsabilité sociale de l'entreprise durant plusieurs années. J'avais donc observé comment les collaborateurs s'engageait au-delà de leur travail habituel.
  • Je finançais du conseil pour les startups donc je connaissais bien l'écosystème.
  • J'avais mené l'étude stratégique d'évolution des emplois dans le cadre de la Gestion Prévisionnel des Emplois et des Compétences (GPEC) donc j'avais des informations privilégiées sur la stratégie de l'entreprise et ses conséquences sur l'emploi et les compétences. 

Premier conseil: crée toi des différenciateurs, ça t'aidera pour ton projet et même bien au-delà.

Il était une fois...

L'idée de départ était de proposer à des collaborateurs d'aider une startup à se développer commercialement en la mettant en lien avec nos clients. Nous avons d'emblée éliminé des promesses irréalistes pour nous: 
  • viser l'achat par le groupe de la solution de la startup (quasi impossible du fait des process, naturellement).
  • aider à lever des fonds: pas notre métier et pas de fond corporate sur lequel s'appuyer.
  • permettre l'adoption de nos technologies. Ça, ça viendra plus tard quand la direction monde s'intéressera à notre projet. Mais j'anticipe...
Se focaliser sur cette promesse simple et réaliste (et soit dit en passant hyper nécessaire pour les startups) avait un immense avantage: pas de besoin de budget additionnel, ni d'approbations complexes pour démarrer. 

Deuxième conseil: concentre toi sur tes forces et reste authentique

Développe tes points forts et reste authentique
Bon, ça y est, on a un sponsor, on connait des startups, on leur propose de nous soumettre un dossier pour en sélectionner 6. En parallèle, on doit recruter 6 volontaires pour démarrer le programme. Donc on lance une communication et là, on reçoit 40 manifestations d'intérêt. On devra donc avoir en parallèle un processus de sélection pour les volontaires. C'est une première !

Comme on n'a pas de budget, on va devoir être astucieux. Et on se met à "parasiter" les évènements marketing pour présenter les startups. 

Evidemment, la visibilité est très importante et le DG me demande alors d'accélérer le programme. Le critère de succès, c'est le nombre de startup accompagnées, "sky is the limit".

Changer (presque) tout

A ce stade, pause obligatoire pour repenser en profondeur le programme. En utilisant la méthodologie "Lean Startup", je décide: 
  • de me concentrer sur l'étape clé : la création du binôme collaborateur / startup. En s'assurant d'un départ solide, le déroulé de l'accompagnement peut être extrêmement décentralisé. Le volontaire est autonome et responsable.
  • de supprimer le principe de promotion annuelle ou semestrielle pour permettre les entrées au fil de l'eau. Quand vous pouvez conclure une vente, pourquoi attendre ? 
  • de proposer aux collaborateurs de choisir eux-mêmes leur startup. Ça s'appellera "Bring your own startup". Bon, il faut parfois gérer des possibles conflits d'intérêt, mais les salariés adorent et pour moi, c'est beaucoup plus facile de créer les conditions d'une bonne relation avec la startup. Résultat: 40% des entrées pour lesquels je n'ai quasi rien à faire.
  • d'utiliser les principes du corporate hacking pour transformer les collaborateurs en acteurs du changement tout en faisant la promotion de leur startup. Concrètement, je dis aux collaborateurs que je mets toutes les ressources de l'entreprise à leur disposition à une condition: qu'ils obtiennent du collègue ciblé son accord pour passer un peu de temps à aider leur startup en plus de son travail habituel. La puissance de cette permission donnée est tout simplement incroyable et même le département juridique a joué le jeu, c'est dire !

Troisième conseil: re-questionne les choix pour pouvoir accélérer ton projet

L'alignement

Tous les intrapreneurs qui travaillent en excubation dans les incubateurs de la place vivent très probablement une expérience inoubliable. Mais là, c'est bien d'un programme parasite dont il s'agit. Ce qui veut dire qu'il doit apporter des bénéfices importants à l'organisation pour ne pas être considéré comme nuisible. Par exemple, comment le CHSCT (pardon, la commission santé, sécurité et conditions de travail) va réagir au fait qu'on demande encore aux salariés d'en faire plus sans contrepartie ? 

C'est toute l'importance de l'alignement de pouvoir démontrer sans cesse la valeur. 
Dans mon cas, j'ai proposé un modèle à 4 niveaux: 
L'alignement, au plus prêt de l'organisation qui te nourrit
  • Niveau 1: on aide la startup à créer de l'emploi, c'est une belle action pour une entreprise citoyenne.
  • Niveau 2: on aide les salariés à découvrir les nouveaux business model et en particulier l'importance du cloud. Et avec les techniques de corporate hacking, ça diffuse bien au-delà des 60 collaborateurs activement impliqués.
  • Niveau 3: on aide nos clients à innover. Les startups apportent des cas d'usages spécifiques qui rendent plus concret le pitch techno officiel. 2/3 des startups ont ainsi été présentées à des clients. 
  • Niveau 4: on aide l'entreprise à s'ouvrir aux startups qui peuvent à terme devenir des partenaires intéressants. Ce qui est allé au-delà de mes espérances quand j'ai présenté des startups françaises à la CEO monde: elle a décidé de lancer un programme mondial sur la base de l'expérience menée à l'époque à Bangalore en Inde.

Quatrième conseil: maintiens un alignement étroit avec l'organisation qui te nourrit

Maintenant, à toi de jouer !

Au choix (sans obligation): 
  • Dis-moi ce que tu as pensé de cet article (les commentaires sont là pour ça)
  • Partage ta propre expérience
  • Contacte moi si tu veux qu'on échange sur le sujet: Twitter ou LinkedIn
A très vite !

dimanche 30 septembre 2018

On ne pouvait pas savoir ! L'impact du cygne noir


L'erreur humaine la plus chère de l'histoire

Le 25 avril 1986, Anatoli Diatlov donne l'ordre de tester le réacteur 4 de la centrale nucléaire Lénine. Cette erreur, suivie d'une dizaine d'autres et ajoutée à la mauvaise conception du réacteur conduira à la catastrophe de Tchernobyl, la plus coûteuse de tous les temps.

Tchernobyl, l'erreur humaine la plus coûteuse de l'histoire
Rétrospectivement, on analysera, on trouvera des responsables, on améliorera la conception. Et bien évidemment, on expliquera que tout ça aurait pu être facilement évité.

La vérité, c'est qu'on est pas capable de tout prévoir.

D'ailleurs, à trop vouloir anticiper le futur, on trouve assez facilement emporté par le biais de confirmation. L'entrepreneur persuadé de sa bonne étoile va alors interpréter les faits comme lui étant favorables alors qu'une autre personne aurait eu une analyse totalement inverse.

Les entrepreneurs trop charismatiques seraient donc bien avisé de consulter un "fou du roi" capable de tout leur dire, y compris les évidences qu'ils ont du mal à accepter.

Et puis, après les faits, on a facilement tendance à réécrire l'histoire. Poussé par notre volonté d'expliquer ce qui nous arrive, nous allons donner du sens à l'enchainement des actions, oubliant par là-même les hésitations, les doutes et la contribution du hasard.

L'histoire est écrite par les vainqueurs

Nassim Nicholas Taleb a écrit le célèbre livre "Le Cygne Noir". Nous savons que des cygnes noirs ont été découverts en Australie alors que toute l'humanité était persuadée que tous les cygnes étaient blancs.

Nassim Nicholas Taleb, penseur poil à gratter
Mais je vous engage à lire ce livre car il est beaucoup plus riche que la simple anecdote de la dinde de Thanksgiving persuadée qu'elle a raison de croire dans l'avenir car elle a tous les jours à manger. Jusqu'à ce que...

Nassim nous rapporte par exemple l'histoire du grec Diagoras à qui on montre des portraits de naufragés qui ont prié et ont survécu à la noyade. La conclusion est évidente: prier protège du désastre. Diagoras demande alors où se trouve les portraits de ceux qui ont prié et qui sont morts. Naturellement, on ne s'était pas soucié de les représenter.

Aujourd'hui, dieu merci, on se soucie plus des victimes, mais le principe reste à l'oeuvre quand on met en avant des réussites comme Google ou Facebook, en oubliant facilement toutes les startups qui n'ont pas survécues.

L'homme de 23 mètres

La loi de puissance (Pareto), base de la stratégie longue traineNassim critique donc la rationalité et remet en cause les prédictions faites grâce au passé (j'attends avec impatience les méta-prédictions 2019 d'Olivier Ezratty), mais il va beaucoup plus loin en expliquant que les évènements extrêmes sont plus courants qu'on ne le pense. 

Prenons par exemple les réseaux sociaux. Avez-vous déjà rencontré un homme qui mesurait 23 mètres de haut ? Pourtant, ce facteur 13 (23 / 1,78), c'est le rapport qui existe entre mon post le plus vu sur Quora et la moyenne des vues de toutes mes réponses. 

Techniquement, c'est donc la loi de puissance qui s'applique et pas la trop bien connue courbe de Gauss. La loi de puissance, vous la connaissez au moins grâce à la règle du 80 / 20 dit aussi principe de Pareto. 

Alors dans un tel contexte, ça devient très difficile de prédire ce qui va se passer avec un bon vieux tableau Excel !! 

Le cygne noir: petit évènement avec grand impact

Le cygne noir, à lire ou à relire
Pour Nassim, le cygne noir, c'est un petit évènement inattendu qui cause un énorme impact. Ce qui veut dire que nous n'avons pas tous les mêmes cygnes noirs: 
  • Certains comme lui avait prédit la crise de 2008.
  • On peut se protéger contre certains évènements donc si je suis "assuré", l'impact sur moi sera radicalement différent.
  • Les protections qui empêchent la sélection de se faire augmente le risque. Ce qui est valable au niveau d'un pays l'est également dans une entreprise. Il faut savoir arrêter les mauvais projets pour limiter la casse. 

Et maintenant, on fait quoi ?

Là, je vous entends déjà me demander ce qu'il faut faire. D'abord, s'inscrire à mon blog car l'oeuvre de Nassim Nicholas Taleb est tellement riche que je vais publier d'autres articles sur ce thème. 

Et puis, comme l'époque est au spoil, je vais vous donner quelques pistes à méditer: 
  • Utiliser l'asymétrie à son avantage
  • Se concentrer sur les conséquences en ignorant les probabilités
  • Apprendre de la nature et notamment accepter la redondance
Et le meilleur pour la fin: n'utiliser la théorie que quand c'est nécessaire. La réalité doit primer.

3 conseils pour échapper au burn-out

Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés Par ce titre très évocateur, Marie Pezé, une des pionnières du soutien aux victimes...